En chantier

Combien d’entre nous, peuvent jurer n’avoir jamais été jaloux ou jalouse?
La jalousie est une souffrance. Avant d’être colère, crainte, honte, le sentiment premier est ce coup de poignard dans le coeur (Stendhal) par l’être aimé et la découverte de la trahison.
Les propos originaux du philosophe Jean Luc Marion éclairent parfaitement ce sentiment : « Quand celui qui aime et qui a été aimé est trompé, celui qui a aimé, qui aime encore et qui n’est plus aimé doit continuer à aimer. Or, c’est lui qui a la meilleure part, puisque l’autre a renoncé. C’est celui qui cesse d’aimer qui a perdu. Il faut donc faire l’éloge de la jalousie, sentiment sublime injustement calomnié! Ce qui est sublime dans la jalousie -car elle peut l’être- c’est que je suis jaloux parce que l’autre ne m’a pas trahi moi, mais a trahi son statut d’amant. Je lui fais le reproche, à lui l’amant, de ne plus continuer à jouer. »

Jalousie de Mâkhi Xenakis est un texte violent et brutal d’une femme blessée qui tente d’échapper à la douleur en cernant au plus près la sensation de la jalousie et son désespoir de n’être plus aimé.
Sa prose scandée sans aucune ponctuation convoque d’autres voix que la sienne: son mari, ses enfants, Médée « la plus grande des jalouses », un amant désirable, et ne se plie à aucun conformisme qui impose de se montrer « digne » autrement dit d’encaisser en silence, bien au contraire, elle réclame son dû comme une héroïne de la mythologie.

Un spectacle de Vanessa Desmaret, Christof Veillon et Bruno Di Placido

Adaptation & Mise en scène / Christof Veillon
Jeu & Collaboration Artistique /
 Vanessa Desmaret
Musicien & Création musicale / 
Bru Di Placido
Accompagnement Chorégraphique & Physique / I-Fang Lin

Production / Social Palace
Avec le soutien des Amis de Xenakis
et de La Maison Jacques Copeau

Résidences de création à la Maison Jacques Copeau du 5 au 10 septembre 2022 et du 20 au 24 février 2023